Fiscalité retraite Espagne français : pensions et impôts

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Fiscalité retraite Espagne français : pensions et impôts

Fiscalité retraite Espagne français : pensions et impôts

L’essentiel
Un retraité français résident fiscal en Espagne paie l’IRPF (19 % à 47 %) sur sa pension du privé (CNAV, Agirc-Arrco), mais sa pension de fonctionnaire reste imposée en France (convention du 10 octobre 1995, articles 18 et 19). Il n’est plus redevable de la CSG ni de la CRDS, et peut demander l’exonération de la COTAM (3,2 %) s’il est affilié à la Seguridad Social via le formulaire S1. Pour une pension privée de 2 500 €/mois, l’IRPF espagnol estimé se situe autour de 19-21 % effectifs — un calcul personnalisé reste indispensable.

Mis à jour en septembre 2026 — données vérifiées à cette date.

Fiscalité du retraité français en Espagne : pensions, impôts et conventions bilatérales

Notre dossier sur la retraite sur la Costa del Sol pour Français et Belges, qui approfondit notre guide de l’achat immobilier Costa del Sol, pose les grands principes fiscaux ; cette page les développe, chiffres et textes à l’appui. Elle complète notre comparatif du coût de la vie vs la France. Nous ne parlons pas de « l’Espagne » en général mais du régime autonomique andalou, celui de la Costa del Sol.


Devenir résident fiscal espagnol : conséquences pour un retraité français

Vous devenez résident fiscal espagnol dès que vous séjournez plus de 183 jours par an en Espagne, ou que votre centre d’intérêts économiques et familiaux s’y trouve — même en dessous de ce seuil. La conséquence est totale : l’Espagne impose alors votre revenu mondial (pensions, revenus fonciers, placements), pas seulement vos revenus de source espagnole. C’est la convention fiscale franco-espagnole, et non votre préférence, qui détermine ensuite quel pays taxe quelle pension. Notre page devenir résident fiscal en Espagne détaille les avantages et obligations qui accompagnent ce statut, au-delà des seules pensions.


Quelles pensions sont imposées en Espagne ? (privé vs public)

La règle centrale du système : la nature de l’employeur d’origine détermine le pays qui impose, pas votre nationalité ni votre lieu de résidence seul.

✓ Pension du privé CNAV, Agirc-Arrco, régimes d’artisans, de commerçants ou de professions libérales : imposable uniquement en Espagne une fois résident fiscal espagnol.
→ Pension du public État, collectivités, hôpitaux, militaires : reste imposable en France, sauf si vous avez la nationalité espagnole et pas la française.

Une pension mixte (carrière partagée entre secteur privé et fonction publique) se déclare des deux côtés, chaque part suivant sa propre règle — un cas fréquent qui mérite un calcul séparé poste par poste.


La convention fiscale franco-espagnole : principes clés

La convention entre la France et l’Espagne, signée le 10 octobre 1995 et publiée par le décret n° 97-756 du 2 juillet 1997, fixe la règle en deux articles. L’article 18 attribue l’imposition des pensions privées à l’État de résidence (l’Espagne, si vous y vivez). L’article 19 attribue celle des pensions publiques à l’État qui les verse (la France), sauf pour un résident espagnol possédant la nationalité espagnole. Cette convention prime sur le droit interne français ou espagnol : ni l’un ni l’autre pays ne peut l’ignorer unilatéralement.


Pension de retraite du privé : imposition en Espagne (IRPF)

Une fois résident fiscal espagnol, votre pension du privé est imposée au barème progressif de l’IRPF andalou (escala estatal + autonómica combinée), avec un minimum personnel exonéré de 5 550 €, majoré de 1 150 € à partir de 65 ans et de 1 400 € supplémentaires à partir de 75 ans.

Tranche de revenu imposable Taux combiné (Andalousie, barème 2025/2026)
0 – 12 450 € 19 %
12 450 – 20 200 € 24 %
20 200 – 35 200 € 30 %
35 200 – 60 000 € 37 %
60 000 – 300 000 € 45 %
Au-delà de 300 000 € 47 %

Source : barème IRPF Andalousie, escala combinada, campagne Renta 2025/2026 — barème indicatif, un simulateur personnalisé reste nécessaire.

Exemple concret

Un retraité résident fiscal espagnol perçoit 2 500 €/mois de pension CNAV et Agirc-Arrco, soit 30 000 €/an. En appliquant le barème andalou et le minimum personnel exonéré de 5 550 €, l’impôt IRPF estimé s’élève à environ 6 100 €/an, soit un taux effectif d’environ 20 % — contre une retenue à la source française de 12 % à 20 % qu’il aurait subie s’il était resté imposé en France sans certificat de résidence. Ce calcul est simplifié (il ignore les déductions pour frais professionnels et la réduction pour rendements du travail) : une simulation personnalisée reste indispensable avant de décider.


Pension de retraite du public : imposition en France

Tant que votre caisse française n’a pas reçu votre certificat de résidence fiscale espagnole, elle applique la retenue à la source non libératoire de l’article 182 A du CGI : 12 % sur la tranche de 17 275 € à 50 112 € de pension annuelle, 20 % au-delà (barème 2026). Pour une pension publique, cette retenue est définitive — la France reste l’État d’imposition en vertu de l’article 19 de la convention. « Une pension de salarié du privé […] versée à un résident d’Espagne n’est donc imposable qu’en Espagne », rappelle Maître Hassan Kohen, avocat au barreau de Paris — a contrario, la pension publique continue de relever du barème et de la retenue françaises.


Revenus fonciers français : double imposition ?

Un bien locatif resté en France reste imposé en France, quel que soit votre pays de résidence — c’est la règle générale pour les revenus immobiliers dans la convention franco-espagnole. En Espagne, ce revenu doit aussi être déclaré (résidence fiscale = revenu mondial), mais un crédit d’impôt égal à l’impôt français payé évite la double imposition. En pratique, ce mécanisme suppose de déclarer les mêmes revenus dans les deux pays et de justifier l’impôt déjà acquitté en France — un point que beaucoup de retraités découvrent trop tard, lors de leur première déclaration espagnole.


CSG/CRDS et COTAM : ce qui change quand on quitte la France

Devenu non-résident fiscal français et affilié à un régime de sécurité sociale d’un autre État de l’UE, vous n’êtes plus redevable de la CSG ni de la CRDS sur vos pensions. C’est un gain net immédiat de plusieurs points de prélèvement.

Conseil

Un prélèvement distinct subsiste souvent par erreur : la COTAM (cotisation d’assurance maladie), 3,2 % sur une pension du régime général, 4,2 % sur une pension complémentaire Agirc-Arrco/Ircantec. Un retraité affilié à la Seguridad Social espagnole via le formulaire S1 peut en demander l’exonération, au nom du principe d’unicité de législation du règlement européen 883/2004 — mais cette exonération n’est pas automatique : il faut la demander à sa caisse et justifier son affiliation espagnole, sans quoi le prélèvement continue à tort.


Le formulaire de résidence fiscale et les démarches

Le document clé pour arrêter la retenue française et faire valoir la convention est le formulaire 5000-SD, l’attestation de résidence fiscale, à faire viser par l’Agencia Tributaria espagnole puis transmettre à votre caisse de retraite. Contrairement à une confusion fréquente, ce n’est pas le 5002-SD (réservé aux revenus d’intérêts) qu’il faut utiliser pour une pension, mais bien le 5000-SD seul, accompagné le cas échéant du justificatif d’affiliation à la Seguridad Social pour la COTAM. Cette démarche suit logiquement votre installation, décrite pas à pas dans notre guide s’installer en Espagne depuis la France (NIE, empadronamiento, certificat de résident UE), et votre inscription au régime de santé espagnol détaillée dans notre page santé et sécurité sociale en Espagne pour les expatriés.


L’exit tax : êtes-vous concerné ?

L’exit tax (article 167 bis du CGI) ne concerne, dans les faits, presque jamais un retraité ordinaire : elle vise les contribuables détenant des participations ou plus-values latentes en valeurs mobilières dépassant un seuil élevé au moment du départ. Si votre patrimoine se limite à votre résidence principale, une épargne classique et vos pensions, vous n’êtes pas concerné. Avec un portefeuille de titres ou une entreprise à plus-values latentes significatives, un point avec un fiscaliste avant le départ reste recommandé.


Optimisation fiscale légale pour le retraité expatrié

Le levier le plus simple et le plus souvent négligé : le timing du départ. L’Espagne ne connaît pas d’année fiscale partagée — au-delà de 183 jours sur place, vous êtes résident espagnol pour l’année entière, pensions de janvier comprises. Un départ en milieu d’année crée presque toujours une double déclaration à démêler l’année suivante ; changer de résidence fiscale en tout début d’année civile simplifie nettement la première déclaration.

12-20 %
Retenue française (art. 182 A CGI)
tant que le 5000-SD n’est pas transmis

19-47 %
IRPF andalou sur la pension privée
barème progressif, minimum exonéré 5 550 €

3,2-4,2 %
COTAM, exonérable sur demande
si affilié à la Seguridad Social (S1)

183 j
Seuil de résidence fiscale
ou centre d’intérêts vitaux en Espagne

Ces calculs restent propres à chaque situation : montant et nature de la pension, autres revenus, composition du foyer. NOMA ne fait pas de conseil fiscal, mais oriente systématiquement ses clients vers un fiscaliste franco-espagnol indépendant avant tout changement de résidence — la même logique que celle qui nous fait recommander un avocat indépendant pour la vérification d’un bien avant achat.


Fiscalité retraite Espagne français : vos questions

Ma retraite sera-t-elle imposée en Espagne ou en France ?

Les pensions privées (CNAV, Agirc-Arrco, régimes des indépendants) sont imposées dans le pays de résidence, l’Espagne si vous y êtes résident fiscal. Les pensions publiques (fonctionnaires) restent imposées en France, sauf nationalité espagnole exclusive. Une pension mixte se répartit entre les deux règles.

Dois-je encore payer la CSG/CRDS si je vis en Espagne ?

Non. En tant que non-résident fiscal français affilié à un régime de sécurité sociale d’un autre État de l’UE, vous êtes exonéré de CSG et de CRDS sur vos pensions. Vérifiez en revanche que la COTAM (3,2 % à 4,2 %) ne continue pas d’être prélevée par erreur : son exonération pour un affilié espagnol via le S1 doit être demandée, elle n’est pas automatique.

L’Espagne est-elle fiscalement avantageuse pour un retraité français ?

Cela dépend du montant et du type de pension. Pour une pension privée modeste à moyenne, le barème IRPF andalou (19 % à 47 %) combiné à la suppression de la CSG/CRDS est souvent favorable, comme le montre notre exemple chiffré sur une pension de 2 500 €/mois. Pour une pension élevée ou majoritairement publique, un calcul personnalisé s’impose avant toute décision.

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